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botanical12 September 20264 min readSoria Givord

La recherche

La recherche
Lorsque l’on regarde une peinture botanique terminée, on voit d’abord une plante, des couleurs, une composition. Pourtant, bien avant de poser le premier lavis sur le papier, une grande partie du travail a déjà commencé.

Pour moi, composer une peinture botanique ne consiste pas simplement à disposer joliment quelques fleurs sur une feuille. J’essaie de reconstruire autour de la plante un univers cohérent : son milieu, sa saison, son altitude, les espèces qui peuvent réellement l’accompagner, parfois jusqu’aux insectes susceptibles d’être présents au même endroit et au même moment.

Tout commence sur le terrain

La première source reste l’observation.

Je photographie les plantes dans leur environnement naturel, sous plusieurs angles, et pas uniquement la fleur qui m’intéresse. Je regarde aussi ce qui l’entoure : le sol, les herbes, les fougères, les arbres, les pierres, les autres plantes et les insectes.

Je note également le lieu, l’altitude et la période de l’année.

Ces informations deviennent essentielles plusieurs semaines ou plusieurs mois plus tard, lorsque commence réellement la construction de la peinture.

Une photographie permet de conserver une forme. Mais elle ne raconte pas forcément tout l’écosystème.

Identifier précisément la plante

Avant de commencer une composition, je vérifie d’abord l’identification botanique de mon sujet. Pour cela, je m’appuie sur mes observations, mes photographies et mes recherches, mais je suis également en lien avec des botanistes qui peuvent confirmer l’identification de l’espèce.

Cet échange est particulièrement important lorsque plusieurs plantes se ressemblent ou lorsque certains détails sont nécessaires pour les distinguer avec précision. Leur regard me permet de m’assurer que le sujet représenté est correctement identifié avant de commencer le travail artistique.

Il faut ensuite comprendre sa morphologie : sa hauteur habituelle, la disposition de ses feuilles, la taille de ses fleurs, son port naturel, mais également les variations possibles entre plusieurs individus.

Pour une même plante, je recherche donc différentes vues : de face, de profil, parfois vue du dessus, mais aussi une plante entière permettant de comprendre son développement depuis le sol.

Cette recherche influence directement la composition.

Présenter uniquement plusieurs fleurs vues presque sous le même angle peut être très esthétique, mais montrer un individu entier ou une fleur légèrement inclinée apporte immédiatement une information botanique supplémentaire.

La composition devient alors à la fois artistique et documentaire.

Reconstituer son habitat

Vient ensuite une recherche que j’aime particulièrement : comprendre précisément où vit la plante.

Prairie sèche ou humide ? Sous-bois ? Pelouse calcaire ? Moyenne montagne ? Sol acide ou calcaire ? Plein soleil ou mi-ombre ?

Ces informations évitent de créer une scène qui serait belle visuellement mais écologiquement improbable.

Lorsque j’intègre un arbre, une fougère ou une autre plante à une composition, je cherche donc à savoir si ces espèces peuvent réellement se rencontrer.

Je regarde leur aire de répartition, leur préférence de sol, leur altitude et leur habitat. Lorsque cela est nécessaire, je peux également échanger avec des botanistes afin de confronter mes observations et de confirmer la cohérence de l’ensemble.

C’est parfois une véritable petite enquête.

La saison change tout

La date de l’observation est tout aussi importante.

Une plante photographiée à la mi-mai ne sera pas entourée de la même végétation qu’en juillet.

La hauteur des herbes change. Les fougères ne sont pas au même stade. Certains arbres viennent seulement de développer leur feuillage. Certaines fleurs ont déjà disparu tandis que d’autres commencent à peine à apparaître.

Même la présence des insectes dépend de cette chronologie.

Lorsque je reconstruis un environnement, je cherche donc à rester dans une même temporalité.

Je ne souhaite pas réunir artificiellement dans une même image des éléments correspondant à plusieurs saisons simplement parce qu’ils sont beaux.

Quels insectes pourraient réellement être présents ?

Le même raisonnement s’applique aux insectes.

Je recherche les espèces présentes dans la région, mais aussi leur période de vol, leur altitude et leur habitat. Lorsque j’ai un doute, je peux également m’appuyer sur les échanges avec des personnes spécialisées afin de vérifier qu’un insecte est bien susceptible d’être présent dans cet environnement et à cette période.

Un papillon ou un coléoptère devient ainsi beaucoup plus qu’un petit élément décoratif.

Il participe au récit écologique de la peinture.

La taille compte également : lorsqu’un insecte mesure seulement quelques centimètres dans la réalité, je veux conserver cette discrétion dans la peinture. Il peut être presque caché près d’une racine ou au milieu de la végétation et n’être découvert qu’après quelques secondes d’observation.
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Soria Givord

Botanical painter